Le culte du soldat-héros

Le culte du soldat-héros

publié 22/09/2025 , Dernière modification 02/12/2025
Informations

La joyeuse entrée du Roi Albert
Le 22 novembre 1918, le roi Albert effectue sa "Joyeuse Rentrée" à Bruxelles.
Cette cérémonie particulièrement grandiose marque véritablement la fin de la guerre en Belgique.

Pour accueillir son Roi-Soldat, la capitale du royaume s'est mise en fête.
Des monuments en stuc ont été construits à la hâte, les drapeaux flottent aux fenêtres des maisons et  la foule remplit les rues.

Les troupes belges et alliées qui défilent sont acclamées par la foule, tandis que la présence de la famille royale suscite des scènes délirantes d'enthousiasme.

Le Discours du Trône
Au Palais de la Nation, le Roi prononce son fameux Discours du Trône, dans lequel il commence par se présenter en tant que Roi-Soldat, c'est-à-dire en tant que chef de l'Armée.

Ensuite, il rend hommage à son armée et aux soldats morts au champ d'honneur, mais aussi aux civils morts pour la patrie, devant le peloton d'exécution, en déportation ou lors des massacres d'août 1914.

La structure du discours du Roi reflète avec précision l'état d’esprit du peuple belge.

La première place revient au soldat, héros par excellence.

La victime civile est la deuxième figure mise en exergue et celle des déportés termine la trilogie.

Ces trois figures représentent l'identité nouvelle d'une Belgique « Héroïque et Martyre »  cautionnée par la plus haute autorité du pays.

Le culte du souvenir
Le culte du souvenir est donc très actif dès la fin de la guerre et le roi Albert l'entretiendra tout au long de son règne : vaillant défenseur de la patrie, incarnation du courage et de l'honneur, le soldat a affronté la souffrance et la mort sans faillir, au nom du droit et de la liberté bafouée de son pays.

Mais ceux que l'on peut déjà appeler « les anciens combattants » ne pourront jamais oublier leurs frères d'armes laissés définitivement sous la boue des Flandres.

Dès lors, entretenir le souvenir des soldats morts pour la patrie sera un devoir et un honneur pour ceux qui ont eu la chance de revenir vivants de l'enfer.

Les familles des victimes, civiles et militaires, tiennent également à rendre hommage à la mémoire de leurs fils et frères disparus car, au moment où l'on fête le retour des héros, l'absence des morts est encore plus cruelle.

 En cette fin de guerre, plus que la joie, c'est donc le sentiment de deuil qui prédomine.

Catégorisation
Périodes 20ème siècle » 1910 - 1919
Patrimoine Papier » Photos
Géolocalisation
50.62 ; 5.942
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